Le groupe fait la force

Ensemble, nous pouvons aller plus loin

Jean Yudonago

·« Je m’appelle Jean Yudonago de Bobandu et je suis le président de l’association agricole UJDB dans notre village. À l’initiative de CDI-Bwamanda-Congo, nous avons créé, en collaboration avec quelques groupes d’agriculteurs (OP) locaux, une « alliance » régionale ou une association agricole. L’un des groupes cultive du café ou presse de l’huile de palme et l’autre s’occupe des routes, et un autre groupe encore se charge d’ensemencement. Un de nos groupes d’agriculteurs élève aussi des canards, des porcs et des poussins et aménage des aleviniers pour des poissons. Actuellement, notre association représente 462 agriculteurs de la région. Et nous sommes fiers que les femmes représentent un bon nombre des affiliés. En effet, les femmes souhaitent à présent également avoir voix au chapitre. Ce sont certainement les femmes seules et les veuves qui sont contentes d’avoir l’aide du groupe d’agriculteurs. Les femmes consacrent beaucoup de temps à écraser le manioc et à aller chercher de l’eau. Lors des réunions, elles se font entendre. Tous les deux ou trois mois, l’UJDB se réunit ici chez nous, à Bobandu. À cet effet, nous avons spécialement construit un abri de chaume. Il y a beaucoup de place et l’abri nous protège de la chaleur pendant les réunions. Un peu plus loin, nous avons construit une grange pour stocker les nouveaux outils. Si nous voulons acheter une machette, nous devons effectuer un trajet d’un jour. Actuellement, nous avons une machette mise sous clé et nous la partageons. Lors des réunions de l’UJDB on travaille dur, mais on s’amuse et on danse également. Après, nous mangeons toujours ensemble. Les coordinateurs Robert de CDI-Bwamanda-Congo et Marc de Congodorpen s’investissent pour notre association. Ils nous apprennent comment il faut faire. L’apprentissage de techniques prend beaucoup de temps, car la plupart des agriculteurs de la région ne peuvent pas lire, ni écrire. Ils n’ont jamais appris à organiser leurs vies. Par le passé, notre but était de survivre chaque jour et nous ne réfléchissions pas vraiment au lendemain. À l’heure actuelle, on s’organise mieux et nous répartissons davantage le travail. Les recettes de la vente de notre récolte nous ont permis d’acheter un moulin à manioc et d’installer une pompe à eau. À la pompe à eau, on paie par seau. Les recettes nous permettent également d’entretenir la pompe et d’acheter des pièces de rechange. Actuellement, nous travaillons davantage à tour de rôle quand nous cultivons la terre. Aloïs, l’AG (animateur) de CDI-Bwamanda-Congo, a fait des études d’ingénierie et nous pouvons toujours faire appel à lui. Il nous dit comment nous devons semer certaines plantes et ce qu’il faut faire lorsqu’une plantation est touchée par des insectes. Il vit dans notre village, connaît notre langue et vit parmi nous. Ça crée des liens. Il nous apprend beaucoup. Il est notre soutien et source d’inspiration. Il nous apprend à tenir compte de l’avenir, à collaborer en groupe et à acheter du matériel ensemble. Si je devais citer une chose que j’ai apprise de lui, ce serait : ensemble, nous pouvons réaliser encore plus. « L’union fait la force » est notre devise avec laquelle nous clôturons chaque réunion. Il y a encore du pain sur la planche, mais nous faisons des progrès petit à petit. »